Filière intégrée et filière labellisée

Depuis 1988 et la création d’une part de l’IFAT, l’Association Internationale du Commerce Equitable (devenue en 2009 la WFTO, l’Organisation Mondiale du Commerce Equitable), et le lancement du label Fairtrade d’autre part, on observe l’émergence et la coexistence de deux grandes filières de régulation du commerce équitable : la filière intégrée (avec la WFTO et l’EFTA notamment) et la filière labellisée (avec en particulier Fairtrade International).

Mode d’organisation historique du commerce équitable, la filière intégrée présente comme caractéristique principale l’adhésion volontaire de toutes les entreprises intervenant dans l’élaboration et la commercialisation du produit (producteur, transformateur, importateur et points de vente) aux valeurs du commerce équitable.  Les entreprises équitables commercent entre elles dans un esprit de coopération et de relation à long terme. Elles bénéficient de la certification équitable (généralement associée à un logo) dont elles ont collectivement définis les règles et les critères (prix équitable, transparence, préfinancement… Voir à ce sujet les 10 principes du commerce équitable).

A la différence de la filière intégrée, la filière labellisée repose sur la certification du produit commercialisé. Les entreprises qui élaborent ces produits s’engagent à respecter un cahier des charges précis et à s’approvisionner auprès d’organisations de producteurs des pays en développement (des coopératives souvent) qui ont été agréées par l’organisme de labellisation.
Ces produits labellisés peuvent ensuite être commercialisés dans n’importe quel point de vente, y compris la grande distribution classique. Il existe plusieurs labels de commerce équitable. Fairtrade est le plus célèbre d’entre eux.

La coexistence de ces deux filières illustre l’existence de visions différentes du commerce équitable qui portent en particulier sur le type de relations à établir avec les acteurs économiques privés (multinationales, grande distribution) et sur des divergences entre une vision de développement (et de dénonciation du commerce international) d'un côté et une perspective commerciale reposant sur le contrôle d'autre part.