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Un blog du Trade for Development Centre
Mis à jour : il y a 36 min 53 sec

En Roumanie, les travailleuse de l’industrie de l’habillement touchent 14% du salaire vital

12 Août, 2019 - 09:13
14% du salaire vital, c’est ce que touche en Roumanie les travailleuses de l’industrie de l’habillement ! Ce chiffre est relevé dans le nouveau rapport d'achACT. Dans le monde, la plupart des travailleuses et des travailleurs de l’industrie de l’habillement ne gagnent pas un salaire vital. Et c’est aussi le cas en Europe et notamment en Roumanie. Le salaire y correspond à peine à 14% du salaire qui permettrait à leur famille de vivre décemment. Pour survivre, beaucoup doivent travailler sur le côté, emprunter de l’argent ou compter sur l’aide d’un proche qui migre à l’étranger. Il est clair que marques et enseignes européennes d’habillement profite de cette situation.

La Roumanie, le plus grand pays de production de vêtements d’Europe

De nombreuses marques et distributeurs de vêtements d’Europe occidentale, de la fast fashion aux vêtements de travail, en passant par des enseignes de luxe, se fournissent dans des usines Roumaines1. Les vêtements "Made in Romania" sont destinés principalement à l'Italie, au Royaume-Uni, à l'Espagne, la France, l'Allemagne et la Belgique.
Dans une recherche menée en Roumanie par le réseau international d’achACT, la Clean Clothes Campaign (CCC)2, il ressort que les travailleurs et les travailleuses, largement majoritaires, ne touchent environ que 208 euros nets par mois, soit 14% d’un salaire vital3. Leur salaire n’atteint pas le salaire minimum légal fixé à 249 euros par mois en Roumanie, lui-même inférieur au seuil de pauvreté établi par l’UE pour ce pays (283 euros). Un salaire vital serait d’environ 1.448 euros nets par mois.

De nombreuses travailleuses interrogées témoignent des difficultés auxquelles elles doivent faire face pour subvenir aux besoins de leur famille. Leur revenu est bien souvent la source financière principale du ménage. Et pourtant, malgré les heures supplémentaires – souvent impayées - et le rythme de travail insoutenable qui affaiblissent leur santé, la plupart doivent recourir à des prêts d’argent pour pouvoir s’en sortir et faire face à des besoins de base tels que le loyer de leur logement, le chauffage et les soins de santé. La majorité cultive ses propres légumes et élève des animaux afin de pouvoir se nourrir. Des membres de leur famille n’ont d’autre choix que de migrer vers l’Europe occidentale pour trouver des emplois – souvent précaires- et aider ceux restés au pays.
« Comment vivons-nous ?! Comment peut-on vivre avec un salaire minimum ? Avec beaucoup de difficulté, bien sûr. Lorsque je perçois mon salaire, je rembourse les mensualités de mon prêt. Je paye 450 RON 4pour mon loyer, je paye mes charges et il ne me reste plus rien. J'appelle donc ma famille pour emprunter de l'argent à nouveau
», témoigne Silvia, une travailleuse interrogée pour la recherche.5

Le droit à un salaire vital, un droit humain bafoué dans l’industrie du vêtement
Des salaires de misère qui maintiennent les personnes dans la pauvreté, cela constitue une violation des droits humains très courante dans l'industrie du vêtement à travers le monde. Il s’agit pourtant d’un droit fondamental reconnu notamment dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme.6 Ce droit est même largement repris dans les propres codes de conduite des marques. Mais, faute de cadre contraignant, ce droit est loin d’être respecté. Pourtant, en vertu des Principes Directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’Homme7, les entreprises ont la responsabilité de respecter les droits humains et de mettre en oeuvre une « diligence raisonnable ». Elles doivent ainsi identifier, prévenir et remédier aux risques de violations des droits, y compris dans leurs filières d’approvisionnement. Et, toujours sur base de ces mêmes principes, les États ont l’obligation de respecter les droits fondamentaux, y compris le droit à un salaire vital, et de les protéger, y compris contre les violations commises par des entreprises.
Ressources :
- La synthèse du rapport d’achACT sur la Roumanie en français se trouve sur http://www.achact.be/upload/files/presse_communique/romania%20country%20profile%2019%20fr.pdf- Le profil complet sur la Roumanie, davantage d’informations et la liste complète des marques sont disponibles ici : https://cleanclothes.org/livingwage/europe/country-profiles/romania/view - Pour plus d’informations sur le salaire vital au niveau régional européen : https://cleanclothes.org/livingwage/europe/
 1 Notamment Armani, Aldi, Asos, Benetton, C&A, Dolce Gabbana, Esprit, H&M, Hugo Boss, Louis Vuitton, Levi Strauss, Next, Marks & Spencer, Primark et Zara (Inditex).2 Voir le rapport en anglais sur : https://cleanclothes.org/livingwage/europe/country-profiles/romania3 Le salaire vital doit permettre de couvrir les besoins de base tels que le logement, la nourriture, les soins de santé, l’habillement, les transports, l’éducation et l’épargne.  4 Environ 94 euros.5 Pour le témoignage complet de Silvia6 Ce droit est par ailleurs également reconnu dans la Charte sociale européenne.7 https://www.ohchr.org/Documents/Publications/GuidingPrinciplesBusinessHR_FR.pdf

"La Esperanza del Café". Une chanson pour sensibiliser à la crise du café

9 Août, 2019 - 10:26


Deux chanteurs professionnels belgo-salvadoriens bien connus au Salvador viennent de sortir une chanson destinée à sensibiliser les consommateurs à la crise que connaissent actuellement les producteurs de café.
La chanson, en espagnol, compte un couplet en français qui invite les consommateurs à se poser des questions et à agir : "Avis aux consommateurs, exigez un prix juste, le café vient d’ailleurs, ça peut changer les choses. Avant le café du matin, faudrait bien se demander d’où il vient."
Voir l'article sur rtbf.be
Voir la chaîne Youtube et la page Facebook des chanteurs.

Le commerce équitable en forte progression au Grand-Duché de Luxembourg

7 Août, 2019 - 09:52

A l’instar de l’environnement et du climat, la justice économique devient prégnante dans l’opinion publique. La rémunération des producteurs est désormais au centre des préoccupations des citoyens et constitue un défi majeur pour les entreprises et les pouvoirs publics. Le commerce équitable est une réponse à une mondialisation économique déséquilibrée et souvent brutale.
Les consommateurs du Luxembourg ont dépensé plus de 19,3 millions d’euros en produits certifiés Fairtrade
en 2018. Le chiffre d’affaires généré par les ventes de produits Fairtrade des différents partenaires de l’ONG a augmenté de 19% par rapport à 2017. La consommation moyenne annuelle par habitant est donc de 32,13 €.
Les principaux moteurs de la forte croissance en 2018 furent les roses (+64%), le textile (+58%), les délices chocolatés (+37%), les bananes (+19%) et le café (+11%). Les roses équitables deviennent le produit phare du commerce équitable au Luxembourg avec une part de marché de 38 %. Les bananes, avec une part de marché de 30 %, et le café avec 10% complètent le podium.
2018 fut une année d’innovation au niveau des produits Fairtrade « luxembourgeois » notamment avec l’élargissement de la gamme de viennoiseries, la première collection de mode certifiée et l’introduction des premiers thés certifiés. Au Luxembourg, 2 330 produits labellisés Fairtrade sont disponibles sur le marché, dont 186 proviennent d’acteurs luxembourgeois. Ce qui signifie une belle progression de 24 % de l’offre Fairtrade «luxembourgeoise» par rapport à 2017.

Des sénateurs américains demandent de bloquer l’importation de cacao produit en ayant recours au travail forcé d’enfants

6 Août, 2019 - 10:03
Les sénateurs démocrates américains Ron Wyden (Oregon) et Sherrod Brown (Ohio) ont envoyé une lettre au secrétaire par intérim du département américain de Sécurité intérieure, appelant l'administration à appliquer la loi existante, à enquêter et à bloquer toute importation de cacao produit en ayant recours au travail forcé d’enfants.
La lettre des sénateurs fait suite à un rapport du Washington Post mettant en lumière l’importance du travail d’enfants dans la production de cacao importé aux États-Unis par de grandes entreprises de fabrication de chocolat. 
«Le commerce mondial du cacao est important et les États-Unis sont un grand importateur de produits à base de cacao. Rien qu’en 2018, les États-Unis ont importé pour 608 millions de dollars de fèves de cacao de la Côte d’Ivoire, en plus des 100 millions de dollars de pâte de cacao. Compte tenu de la prévalence du travail forcé des enfants dans le secteur du cacao en Côte d’Ivoire, il est clair que certaines, sinon une partie importante de ces importations, ont été produites grâce au travail forcé d’enfants. Il est temps que les États-Unis prennent des mesures plus énergiques pour lutter contre le travail forcé d’enfants dans le secteur du cacao et pour appliquer pleinement la section 1307 comme le souhaitait le Congrès », ont écrit les sénateurs.
Il y a plus de 20 ans, le Département du travail (DOL) et le Congrès avaient collaboré avec de grandes entreprises chocolatières pour mettre au point un cadre visant à éliminer le travail des enfants de leurs chaînes d'approvisionnement en Afrique de l'Ouest, source de la grande majorité du cacao dans le monde.
Dans leur lettre, les sénateurs exhortent la secrétaire par intérim, McAleenan, à enjoindre aux Douanes et à la patrouille des frontières (CBP) de bloquer les importations de cacao produit via du travail forcé et, le cas échéant, de mener une enquête criminelle.

Une copie de la lettre des sénateurs est disponible ICI

Hope Project

17 Juillet, 2019 - 14:33
Le but de l’association est de sensibiliser à la consom’ACTION, avec l’importation, la création et la vente sous les normes du commerce équitable de produits naturels dont l’Ivoire végétal (Tagua), la noix d’un palmier qui pousse en Amérique du Sud, principalement en Equateur. Les bénéfices des ventes vont à des  projets sociaux et humanitaires en Belgique et dans le monde.
www.hope-project.beFacebook

Meer dan Mooi

16 Juillet, 2019 - 14:37

Meer Dan Mooi est un magasin de vêtements de Geel qui vend principalement des vêtements biologiques et équitables, mais aussi des bijoux.  Le site web permet de commander en ligne.
www.meerdanmooi.be

Kari'T Care

15 Juillet, 2019 - 14:35

Créé par un couple mixte Belgo-Béninois, Kari’T Care est un atelier familial de fabrication de cosmétique naturelle qui propose une gamme de soins et de savons à froid, dont l’ingrédient phare est le beurre de karité pur en provenance de la coopérative béninoise Soudom.  Kari’T Care n’utilise que des matières premières nobles en provenance de filières équitables, issues de l’agriculture biologique ou récoltées dans la nature. Les produits portent la Mention Slow Cosmétique®
www.karitcare.com/
Facebook

La coopérative ETHIQUABLE va doubler sa capacité de stockage et s’installera prochainement à Suarlée.

12 Juillet, 2019 - 08:26
C’est l’histoire de 5 partenaires: ETHIQUABLE, Papilles Ravies, le Petit Abattoir Coopératif, la Légumerie de la Fabrique Circuit Court et la Bocalerie de la Fabrique Circuit Court. Leur point commun: ils partagent tous les mêmes valeurs sur les petits producteurs paysans. Leur projet: acheter ensemble un terrain et y construire leur atelier de production, de stockage ou de transformation. Leur idée: partager du personnel, des espaces et des équipements pour faire des économies, tant au niveau de l’investissement que du fonctionnement. Et leur rêve va bientôt devenir réalité puisque ils ont récemment créé ensemble la Coopérative Fabrique Circuit-Court et viennent de déposer un permis d’urbanisme.
Le projet architectural
La Fabrique Circuit Court sera un pôle d'activités spécialisé dans la transformation et la distribution agro-alimentaire artisanale et orienté vers le circuit court et le commerce équitable. Ce projet immobilier et économique inédit sera situé sur un terrain 80 ares dans un zoning du Bureau Economique de la Province de Namur, à la rue de l'Economie à Suarlée. Parmi les partenaires du projet, il y a la Coopérative ETHIQUABLE, le spécialiste des produits issus du commerce équitable et de l’agriculture paysanne biologique. « Depuis notre création en 2019, nous n’avons cessé de croitre de plus de 20% par an et les infrastructures actuelles à Waremme ne sont plus adaptées. », précise Stephan VINCENT, l’un des co-fondateurs d’ETHIQUABLE.
Actuellement ETHIQUABLE réalise 3.6 millions de CA et ambitionne, avec la croissance du secteur, encore des croissances de l’ordre de 15% par an ces 5 prochaines années. « Nous avions besoin d’un outil qui puisse accueillir notre développement. Le nouvel entrepôt sera entièrement sous température contrôlée et permettra de doubler notre capacité de stockage.»
Le projet prévoit également à terme la création de 5 emplois supplémentaires au sein d’ETHIQUABLE, qui viendront s’ajouter aux 9 travailleurs actuels qui ont également la particularité d’être également les actionnaires et les décisionnaires de l’entreprise.
« Nous voulions également un projet qui soit proche des valeurs que nous défendons ». Tous les partenaires du projet s’inscrivent dans une démarche coopérative et soutiennent l’agriculture paysanne. Leur but est de travailler ensemble à l’établissement de synergies opérationnelles et stratégiques pour soutenir le développement d’une économie plus équitable et d’un système d’agriculture paysanne auxquels les partenaires croient fermement.
Bien que soutenu financièrement en toute grande majorité par ses coopérateurs et ses partenaires financiers historiques, ETHIQUABLE a l’intention de lancer un appel public à l’épargne citoyenne car, selon Stephan VINCENT, « cela fait partie de notre stratégie d’être au plus proche des citoyens et de les intégrer au maximum dans notre projet. »
Le début des travaux de construction devraient débuter avant la fin 2019 et la mise en activité du site dans le courant 2020.

Kalani : des linges de lit équitables et bio

11 Juillet, 2019 - 14:25
En langue maori (Polynésie), Kalani signifie paradis. C’est aussi une marque de linge de lit de qualité haut de gamme, éthique et écologique, née en 2016. Les cotons sont certifiés 100% Fairtrade et 100% bio (GOTS). La vente en ligne, qui évite beaucoup d’intermédiaires et les coûts inhérents à la tenue d’un magasin physique, permet de maintenir des prix abordables.
https://www.kalani-home.com/en/
https://www.facebook.com/KALANIbedding

Elecosy : du cacao d'éléphant au papier

10 Juillet, 2019 - 09:34


Elecosy est une société composée de professionnels de la décoration d’intérieur et de l’industrie du papier basés en Belgique, au Royaume-Uni et en Allemagne. L’idée d’Elecosy est née d’une visite de l’un d’eux à la société papetière Maximus à la Millennium Elephant Foundation à Kegalle, au du Sri Lanka. Maximus emploie des habitants de la région pour collecter du caca d'éléphant ensuite transformé en produits en papier. Cela procure un incitant financier qui aide à réduire la pauvreté dans la région.


www.elecosy.com
Page Facebook d'Elecosy

Côte d'Ivoire et Ghana tentent d'imposer un prix minimum pour le cacao

4 Juillet, 2019 - 11:55
Le 12 juin dernier, la Côte d'Ivoire et le Ghana, les deux premiers producteurs mondiaux, annonçaient la suspension de leurs ventes de cacao qui sera récolté lors de la campagne 2020-2021. Une mesure avec pour objectif d'obtenir un prix minimum de 2 600 dollars la tonne.

Un problème structurel  Il y a en effet, pour Michel Arrion, directeur exécutif de l'Organisation internationale du cacao (ICCO) : « un problème structurel que l'on retrouve dans d'autres produits de base tels que le café ou le coton. Tous les acteurs de la chaîne y gagnent sauf les petits producteurs ». Des 100 milliards de dollars que représente le marché mondial du cacao, les producteurs n'en perçoivent aujourd'hui que 6%, contre 16% dans les années 80. Pour Michel Arrion, fixer un prix minimum « va dans le bon sens »*. Il s'attendait d'ailleurs à un prix autour des 3000 dollars.

Des prix mondiaux et Fairtrade autour de 2 400 dollars la tonne
Le prix d'une tonne de cacao sur le marché de Londres tourne autour de 2 400 dollars la tonne. A titre de comparaison, le prix minimum Fairtrade pour le cacao passera en octobre de 2 000 dollars la tonne à 2 400 dollars. Une prime de développement de 240 dollars viendra compléter ce prix minimum.

Un échec momentané
C'est la première fois que les deux principaux pays producteurs de cacao décident conjointement d’un prix plancher. Représentant près des 2/3 de la production mondiale de cacao, ils veulent instaurer un rapport de force avec les industriels de la filière. Ils les ont d'ailleurs réunis à Abidjan le 3 juillet pour  déterminer la mise en oeuvre concrète de la mesure. La réunion fut un échec. Elle s'est terminée sans consensus entre le Conseil café cacao ivoirien (CCC), le Ghana Cocoboard (Cocobod) et les négociants et les groupes chocolatiers internationaux.
A l'issue de la réunion, le Ghana et la Côte d'Ivoire ont toutefois annoncé l'inclusion dans les contrats d'exportation d'une clause de "différentiel de revenu de subsistance" de l'ordre de 400 dollars la tonne, qui entrera en vigueur si le cours mondial  n’atteint pas les 2 600 dollars. Cela représente environ et au maximum 200 Francs garantis par kilo, en plus du prix défini par le cours au cacaoculteur.

D'autres réunions devraient être convoquées avec les opérateurs de la filière pour tenter de trouver un terrain d'entente.

Un risque de surproduction
Rapidement surnommé «cocoa-pec» par analogie avec l'OPEP établi par les pays producteurs de pétrole, le plan des deux voisins d'Afrique de l'Ouest risque, selon observateurs, de stimuler fortement la production, en particulier en Côte d’Ivoire, entraînant une forte baisse des prix.

Contrôler la production pour maintenir le prix minimum
C'est notamment pour tenter mieux contrôler cette production et soutenir le prix minimum de 2600 dollars, que la Côte d'Ivoire envisage d'éliminer la production illégale de cacao dans les parcs nationaux et les réserves forestières au cours des cinq prochaines années. Une opération à haut risque. Deux précédentes opérations d'expulsions, en 2013 et 2016, ont été critiquées par des groupes de défense des droits humains car elles ont "placé des familles d'agriculteurs dans une situation où elles n'ont ni abri adéquat, ni nourriture, ni accès à l'éducation, et Human Rights Watch a documenté des cas d’extorsion de fonds, de corruption et de sévices physiques commis par des agents du gouvernement"**

* Cité par Agnès Faivre, Cacao : la Côte d'Ivoire et le Ghana passent à l'attaque, Le Point, 2 juillet 2019.
**
Human Rights Watch,  Côte d'Ivoire: Lettre concernant l'impact sur les droits humains de la déclaration de politique de préservation et de réhabilitation des forêts.

FAIRMINED : un label entièrement dédié à l’or équitable

26 Juin, 2019 - 08:42
L'Alliance pour une Exploitation Minière Responsable (Alliance for Responsible Mining - ARM) est une initiative mondiale née en 2004 avec pour objectif d'améliorer les conditions de vie des travailleurs dans les exploitations minières artisanales et de petites tailles.

Accidents, empoisonnements, exploitation des enfants, contrebande, violences, environnement dégradé… les conditions de travail de ces mineurs sont, en effet, généralement épouvantables et les pratiques commerciales des intermédiaires traditionnels condamnent souvent ces ouvriers et leurs familles à la pauvreté et à la misère.
L'Organisation Internationale du Travail a ainsi indiqué que les risques d'accident étaient six fois plus élevés dans ces mines de petite taille que dans les exploitations industrielles à grande échelle. L'OIT souligne en particulier les menaces que fait peser l'exposition quotidienne aux nombreux produits toxiques utilisés sur ces sites (acide nitrique, mercure et cyanure) sur la santé des mineurs et de leurs familles ainsi que sur l'environnement et les ressources naturelles (eau, récoltes, etc.).

Après avoir développé ensemble un système de certification équitable dédié aux activités d'extraction minière aurifère, en particulier pour les sites d'exploitation artisanaux et de petite taille qui sont les plus exposés, ARM et Fairtrade Internationale décidèrent le 22 avril 2013 de mettre fin à leur partenariat qui a duré 3 ans. Aujourd’hui chacun travaille de son côté pour le développement de son label.


Le standard équitable de ARM, Fairmined, intègre quatre grandes catégories de critères que les exploitants aussi bien que les joailliers doivent respecter. Celles-ci portent sur les questions de développement social, de développement économique, de protection de l'environnement et de respect des conditions de travail.Une première exploitation a été certifiée en 2010 et les premiers bijoux en or équitable ont été commercialisés en 2011. Aujourd'hui, 4 sites sont certifiés dans le monde, en Bolivie, au Pérou et en Colombie.
En raison des exigences élevées, ARM a pris conscience que la majorité du secteur minier dans les pays du sud n’est pas assez avancée pour prétendre au standard Faimined. Le projet ‘Entry standard’ tente de répondre à cette problématique en mettant en place une approche par étape, permettant de collaborer avec les mineurs qui souhaitent aller vers une formalisation, mais qui ne sont pas prêts pour une certification Fairmined.
Le développement de ce standard d’entrée permet à ARM de travailler avec des chaines d’approvisionnement légale à un stade plus précoce de leur développement et de servir aussi comme instrument pour travailler dans des zones de conflit et à haut risque.
Sur quoi porte le label Fairmined ?
© FairminedLe label Fairmined contribue très concrètement à l’amélioration des  conditions de vie et de travail des mineurs des exploitations artisanales et / ou de petites tailles, en s’assurant du respect des principes suivants : 
  • Renforcement des organisations de mineurs : une structure de gestion démocratiques et un meilleur pouvoir de négociation avec les acheteurs.
  • Elimination du travail des enfants : les enfants de moins de 15 ans ne peuvent pas travailler dans les exploitations et ceux de moins de 18 ans ne peuvent être affectés à des tâches à risques.
  • Respect des droits des femmes
  • Amélioration des conditions de travail : port obligatoire d'équipements de sécurité, adoption de procédures et formation des mineurs en santé et sécurité.
  • Respect des libertés d'association et de négociation collective (y compris le droit à la création de syndicats).
  • Utilisation responsable des produits chimiques : le recours aux produits chimiques tels que le mercure ou le cyanure pour la récupération de l’or doit être réduit au minimum et ceux-ci doivent, si possible, être traités et éliminés sur une période de temps convenue.
  • Relations commerciales durables et responsables (négociations d'accords sur la durée, préfinancement de la production, etc.)
  • Prix minimum garanti : fixé à 95% du prix du marché (référence : London Bullion Market Association - LBMA), alors qu'il oscille traditionnellement entre 30 et 85%.
  • Prime de développement : en plus de ce prix d'achat avantageux, les communautés minières certifiées reçoivent  une prime équivalent à 10% du prix fixé par la LBMA, ainsi qu’uneprime supplémentaire de 5% si l'or vendu respecte des critères écologiques stricts (sans traitement chimique).
  • Pas de contribution aux conflits armés : Le label ne soutient en aucun cas les organisations impliquées d’une manière ou d’une autre dans un conflit armé ou qui utilisent les revenus de leurs activités pour faciliter l’achat d’armes. C’est une façon de lutter contre l’emploi de mineurs artisanaux dans des zones de conflits armées aux conditions dangereuses et à haut risques.


Le saviez-vous ?
Le Trade for Development Centre d’Enabel, l'Agence belge de développement, a apporté son soutien financier au développement de ce nouveau système et à la  labellisation du premier site minier certifié : la coopérative minière de Cotapata, dans la province de La Paz en Bolivie. C'est là qu'a été produit en janvier 2011 le premier lingot d'or labellisé équitable au monde.

www.fairmined.org