Conclusions du Parlement des jeunes sur le commerce équitableLors de la session du Parlement des jeunes, ces derniers étaient répartis en 6 commissions, selon différents thèmes. Durant toute la journée, ils ont débattu entre eux. Des experts étaient également présents pour les accompagner. Voici les conclusions des différentes commissions : Commission « Commerce équitable et développement durable » Les étudiants de cette commission déplorent tout d’abord que la filière par laquelle passent les produits du commerce équitable ne soit pas équitable à tous les niveaux. Ils remarquent ensuite que, à l’heure actuelle, le commerce équitable peut produire ce qu’il veut. Pour certains jeunes, le commerce équitable devrait être éthique et respecter les droits de l’homme et l’environnement. Pour d’autres, le commerce équitable ne doit pas forcément être éthique ; ils estiment par exemple qu’il y aura toujours des fabricants d’armes (et soulignent que, même pour maintenir la paix, il faut des armes). Alors pourquoi ne pas garantir un salaire équitable aux producteurs des matières premières nécessaires à la fabrication de ces armes ? Pour y voir plus clair, les étudiants recommandent la création d’un organisme mondial supranational qui contrôlerait et régulerait tous les niveaux de la filière de production des produits équitables, mais aussi d’un organisme européen (la Belgique pourrait en être l’initiatrice). Cet organisme européen aurait pour tâche de créer un cadre légal européen pour le commerce équitable, de créer un label européen unique, de détaxer les produits équitables pour inciter à la vente, de sensibiliser les citoyens,… Commission « Commerce équitable et impacts au Sud »La commission « Commerce équitable et impacts au Sud » a constaté que la valeur des produits équitables en provenance du Sud augmente dès qu’ils sont transformés dans le Nord. Ainsi, une mangue équitable du Sud sera utilisée dans un yoghourt, et la valeur du yoghourt sera beaucoup plus importante que celle de la mangue. La majorité des bénéfices revenant ainsi aux entreprises du Nord et non aux agriculteurs du Sud. Pour améliorer cette situation, les autorités publiques des pays du Nord doivent informer correctement les citoyens sur l’entièreté du processus de production, et sur les étapes qui sont équitables, et celles qui ne le sont pas. Les autorités pourraient également limiter les taxes sur les produits équitables pour favoriser leur pénétration sur nos marchés. Les supermarchés doivent mettre les produits équitables plus en vue dans les rayons. De leur côté, les agriculteurs du Sud doivent se regrouper pour être plus forts, et mettre la pression sur leurs gouvernements et les autorités locales. Ceux-ci devraient financer davantage de formations pour les agriculteurs et essayer de développer des entreprises de transformation des matières premières dans leur pays. Commission « Commerce équitable et alimentation »Dans la commission « Commerce équitable et alimentation », les élèves partent du constat que les produits du commerce équitable ne sont pas assez accessibles, aussi bien au niveau du prix que des lieux de vente. Les étudiants estiment également que les citoyens ne sont pas suffisamment informés de l’existence et des principes du commerce équitable ; que la gamme de produits est insuffisante ; et que les produits sont trop peu visibles. Face à ces constats, les jeunes demandent aux acteurs politiques de soutenir financièrement des campagnes d’information et de publicité. Ils devraient également instaurer des contrôles de qualité afin d’assurer la transparence de la chaîne de production aux consommateurs. Enfin, ils devraient montrer l’exemple en étant les premiers à consommer des produits équitables dans les administrations et les services publics. Les médias devraient quant à eux informer davantage les citoyens ; que ce soit via des spots publicitaires, des émissions d’information, des articles journaux ou encore via le soutien de célébrités. Au niveau des écoles, les élèves aimeraient y voir davantage de distributeurs équitables. Des petits déjeuners et repas équitables devraient être organisés régulièrement aussi bien pour sensibiliser les élèves que les professeurs. Les jeunes parlementaires d'un jour demandent aux moyennes et grandes surfaces d'augmenter la quantité de produits issus du commerce équitable mis en vente, de valoriser les produits dans les rayons et de diminuer le nombre d'intermédiaires entre le producteur et le consommateur. Commission « Commerce équitable et voyages »Les élèves réalisent que nos voyages et notre manière de voyager ont des impacts directs sur les populations des pays dans lesquels on se rend, et que bien souvent ces impacts sont négatifs. Selon eux les responsabilités se situent à différents niveaux et il est important d’agir à chaque niveau. Les agences et compagnies de voyages ont un double rôle à jouer. Elles doivent non seulement informer leurs clients sur l’histoire et la culture du pays dans lequel ils se rendent, mais aussi favoriser les hôtels, restaurants, musées, … qui travaillent en toute transparence et dans le respect des droits de l’Homme. Par ailleurs, les autorités politiques devraient créer une labellisation pour les agences de voyages et les tours opérateurs qui veulent proposer des voyages équitables à leurs clients. Ce label devrait prendre en compte l’hébergement, les transports, les services, … De leur côté, les médias doivent informer plus régulièrement les citoyens des impacts du tourisme classique, et des différentes formes de tourisme existantes. Enfin, les voyageurs doivent s’informer sur le pays de leur destination et essayer de consommer un maximum de produits locaux. Commission « Commerce équitable et mode »La commission « Commerce équitable et mode » constate que l’offre de vêtements équitables est trop faible. De plus, les élèves soulignent que les vêtements équitables sont peu visibles et difficiles à trouver dans les magasins ; qu’ils ne bénéficient pas assez de publicité ; et qu’ils sont plus chers que des vêtements classiques (ce qui est un frein pour les consommateurs). Selon les élèves, les consommateurs doivent changer leur mentalité. Pour cela, chacun a son rôle à jouer. Les magasins doivent mettre les vêtements équitables à coté des autres (et non à part) tout en mettant correctement en valeur le label équitable; ils doivent également stimuler les clients, notamment avec des campagnes de promotion, des réductions,... Les entreprises quant à elles devraient acheter leurs produits équitables avec le moins d’intermédiaires possibles pour éviter de faire monter le prix des vêtements équitables. Les autorités publiques doivent sensibiliser les citoyens dès le plus jeune âge, promouvoir le commerce équitable au quotidien, et garantir un label fiable. Commission « Commerce équitable et nouvelles technologies »Les élèves de cette commission regrettent qu’il soit actuellement impossible de trouver des accessoires ou des produits technologiques équitables. Toutefois, ils reconnaissent que produire des équipements de haute technologie de manière équitable n’est pas facile. Tout d’abord parce que la technologie coûte cher, ensuite parce que les consommateurs exigent toujours plus de technologie pour moins cher. Ce n’est donc pas évident de concilier technologie et équité. Pour faire bouger les choses, les consommateurs doivent agir via des groupes de pression et forcer les politiques à encourager les entreprises à fabriquer des nouvelles technologies avec des produits équitables. Les autorités publiques pourraient par exemple introduire un quota minimum des matières premières équitables à utiliser dans la production de nouvelles technologies. Les entreprises pourraient aussi investir une partie de leurs bénéfices dans le développement du commerce équitable. De leur coté, les détenteurs de labels équitables doivent introduire les nouvelles technologies dans l’éventail des produits pouvant porter leur label. Les producteurs quant à eux doivent collaborer avec les grandes entreprises pour voir ce qu’ils peuvent apporter d’équitable dans le secteur de la technologie. |