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La filière labellisée (FLO/Max Havelaar)

Qui est Max Havelaar?

C’est le héros du roman du Hollandais Multatuli (pseudonyme d’Edouard Douwes Dekker). En 1860, Java est une colonie des Pays-Bas. Le personnage de Max Havelaar y travaille pour l’Etat hollandais. Il va lutter contre l’oppression que subit le peuple javanais, pour que les travailleurs locaux gagnent un salaire correct et que l’on cesse de les brutaliser. Il symbolise la révolte d'un citoyen contre l'injustice du système colonial de l'époque en Indonésie.

 

Max Havelaar Belgique

Max Havelaar Belgique assure différentes activités. Deux entités distinctes permettent de les mener à bien.

Une Organisation Non-Gouvernementale sous la forme d'une asbl chargée :

  • des contacts avec les producteurs des pays en développement
  • du contrôle de l’utilisation du label en Belgique
  • et de réaliser des actions de sensibilisation du public au commerce équitable
  • Une Société Coopérative à Responsabilité Limitée et à Finalité Sociale qui, elle, se charge de la vente et du marketing du label.

    L’asbl Max Havelaar Belgique

    logo flo.GIFLa création, en 1988, de la Fondation Max Havelaar aux Pays-Bas a entraîné la mise en place de seize autres initiatives dans d’autres pays européens, en Amérique du Nord et au Japon. Les noms diffèrent selon les pays : Max Havelaar (France, Suisse en 1992, Danemark, Norvège en 1997, Belgique, Grèce), Transfair créé en 1992 (Allemagne, Autriche, Canada, Italie, Japon, Luxembourg, USA), Fairtrade créé en 1992 (Irlande, Royaume-Uni), Rätvisemärkt (Suède) et Reilun Kaupa (Finlande).

    Il faut savoir que Max Havelaar n'achète ni ne vend de produits équitables. Il s'agit d'une organisation indépendante qui gère une certification de commerce équitable, garantit et promeut le commerce équitable.

    Cette certification est octroyée uniquement aux produits qui répondent aux critères internationaux définis par FLO (voir ci-dessous). Ceux-ci portent notamment sur les conditions de production et les prix.

    Afin de pouvoir donner cette garantie, Max Havelaar contrôle la chaîne de production, du producteur au consommateur. Tous les acteurs de cette chaîne - cultivateurs, travailleurs, entreprises ou consommateurs – ont leur rôle à jouer.

    À l’instar de 20 autres initiatives nationales, l’association sans but lucratif Max Havelaar Belgique représente le label au plan national. En effet, chaque initiative nationale membre de FLO,  dont Max Havelaar en Belgique, se charge de contrôler les entreprises de transformation pour l’attribution de la licence d’utilisation du logo. A titre d’exemple, le droit de licence que les détenteurs de marque paient pour l’utilisation du logo sur leur produit s’élève à 0,3 euros par kilo pour le café, 0,47 euros par kilo pour le thé et 0,04 Euros par kilo pour la banane.

    Les différentes missions de Max Havelaar sont les suivantes :

    Certification & Audit

  • Audit des détenteurs de licence sur 70 points de contrôle depuis l’importateur jusqu’au consommateur final : gestion des stocks et des emballages, facturation des volumes achetés et vendus en commerce équitable.
  • Tous les 3 mois, un audit administratif des échanges commerciaux est réalisé. Le but est d’assurer la traçabilité d’un produit et de répondre à la question suivante : qui a vendu combien à qui ? 
  • Octroi ou retrait de la licence permettant l’utilisation du label, sur base des résultats des audits.
  • Information et sensibilisation du public

  • Information du public sur les conditions de travail et sur la vie des producteurs, le commerce équitable et son impact.
  • Le plaidoyer pour un commerce international plus juste figure aussi dans les missions de Max Havelaar. Mais, en Belgique du moins, très peu d’actions sont engagées dans ce sens.

  • Motivation des acteurs économiques

  • Analyse des marchés et des productions. Conseil et sensibilisation des importateurs, des transformateurs, des marques et des distributeurs.
  • Appui aux producteurs

  • Mise en relation des producteurs et des acteurs économiques industriels.
  • Conseil aux producteurs pour une meilleure connaissance du marché belge.
  • Développement de nouvelles filières équitables labellisées.
  • La 1ère mission est financée par la société coopérative, les 3 autres activités par des subsides et des dons.  

    Max Havelaar Labelling Belgium

    Cette société coopérative à responsabilité limitée et à finalité sociale se charge de la vente et du marketing du label. Elle compte aujourd’hui 7 coopérateurs et finance ses activités par les revenus du droit de licence du label Max Havelaar. La coopérative est à finalité sociale, en cohérence avec ses activités visant le développement des producteurs du Sud.

     

    Fair Trade Labelling Organizations International (FLO)

    Afin de mieux coordonner les activités de ces initiatives nationales dont le fonctionnement était très similaire (producteurs et standards quasi-identiques, système analogue de labellisation et de redevance), FLO est créée en 1997. Ce regroupement permet d’améliorer l’efficacité, de procéder à une harmonisation des approches et de réduire le coût des contrôles.

    Fairtrade Labelling Organizations International (FLO) est maintenant une association de 20 initiatives de labellisation équitables situées dans plus de 21 pays.

    En janvier 2004, pour assurer l’indépendance du processus de certification, Fairtrade Labelling Organizations International a été divisée en deux organisations distinctes : FLO International e.V. et FLO-CERT GmbH.

    FLO International e.V 

    Le rôle de FLO International e.V. est d’établir des critères, standards du commerce équitable, d’assister les producteurs à travers le processus de certification et dans la recherche de marchés pour leurs produits et finalement, en collaboration avec ses associations membres, octroyer la licence d'utilisation du logo.

    Pour les filières créées après 1997, des standards communs sont définis et la gestion du produit est assurée directement par FLO.
    En 2001, FLO est parvenue à définir les standards génériques de produits pour les organisations de petits producteurs et les organisations dépendant d’une main d’oeuvre salariée. Aucune initiative nationale ne peut lancer de produit pour lequel FLO n’a pas validé de standards.

    Les producteurs participent aux prises de décision, siégeant au Conseil d’Administration qui décide des orientations politiques, stratégiques et valide les standards. On trouve dans le Conseil d’Administration également des représentants des acteurs commerciaux et des initiatives nationales.

    Les standards internationaux du commerce équitable définis par FLO :

    Les standards qui définissent les règles du commerce équitable sont développés de manière générique et de manière spécifique pour chaque produit. Ils sont adoptés par une assemblée de représentants de producteurs, d’acteurs économiques et des associations nationales de labellisation.

    Que ce soit un paquet de café, un pot de miel ou encore une boîte de thé portant le logo Max Havelaar, ces produits répondent à des critères sociaux et environnementaux, qui constituent un « cahier des charges » pour le commerce équitable. Il existe 2 types de standards :

  • Les standards génériques déterminent les conditions que doivent remplir les organisations de producteurs d’une part et les organisations employant une main d’œuvre salariée d’autre part.
  • Les standards spécifiques à chaque produit déterminent les critères économiques, sociaux et environnementaux auxquels les organisations doivent se conformer : prix  d’achat aux producteurs, qualité minimale, normes de transformation, liste des pesticides interdits,…
  • Développement de nouvelles filières :

    Etudes, identification des producteurs.

    Appui au renforcement des organisations de producteurs :

  • FLO coordonne un système d’appui aux producteurs avec des chargés d’accompagnement dans plusieurs régions. L’organisation dispose de bureaux régionaux au Sud qui servent d’interlocuteurs avec les producteurs et assurent un suivi de la filière.
  • Appui à la structuration d’organisations nationales et internationales.
  • Rencontres bisannuelles par continent.
  • Mise en relation avec des ONG à même de répondre aux besoins des organisations en matière d’amélioration de la qualité, de commercialisation, de comptabilité, d’organisation interne

  • FLO-CERT GmbH

    Le rôle de FLO-CERT GmbH est d’inspecter et de certifier les producteurs et les importateurs sur base des standards développés par FLO International. Un système de contrôle a été mis en place sur l’ensemble de la filière. A la suite des contrôles et des inspections, un Comité de certification au sein de FLO se réunit 6 fois par an pour étudier les demandes d’adhésion des producteurs et décider du renouvellement de l’agrément des producteurs déjà certifiés.

    Les inspecteurs de FLO-CERT sont hautement qualifiés et vivent en général dans les pays et les régions qu’ils inspectent. Ils sont donc familiers avec les cultures et les langues locales et les réglementations en vigueur. Tous les inspecteurs ont passé des examens évaluant leurs compétences et ils assistent chaque année à des formations et à des remises à niveau.

    Une organisation de producteurs ne peut être certifiée sans inspection. La majorité des organisations sont de grande taille : elles sont en général composées de centaines, voire de milliers de producteurs. Ce qui rend l’inspection de chaque producteur impossible.

    Par conséquent, FLO-CERT pratique un système de «  certification en groupe ». Celui-ci inclut une inspection des locaux de l’organisation et l’inspection au hasard de quelques producteurs.

    Les inspecteurs de FLO-CERT sont hautement qualifiés et vivent en général dans les pays et les régions qu’ils inspectent. Ils sont donc familiers avec les cultures et les langues locales et les réglementations en vigueur. Tous les inspecteurs ont passé des examens évaluant leurs compétences et ils assistent chaque année à des formations et à des remises à niveau.

    Une organisation de producteurs ne peut être certifiée sans inspection. La majorité des organisations sont de grande taille : elles sont en général composées de centaines, voire de milliers de producteurs. Ce qui rend l’inspection de chaque producteur impossible. Par conséquent, FLO-CERT pratique un système de «  certification en groupe ». Celui-ci inclut une inspection des locaux de l’organisation et l’inspection au hasard de quelques producteurs.[1]

    Un processus de certification en trois phases

    Le processus de certification se déroule en trois phases : La demande (Application), la certification initiale (Initial Certification) et le renouvellement de la certification  (Renewal Certification).

    La demande commence toujours par l'introduction d’un formulaire de candidature par le producteur ou par celui qui importe et finit avec la décision de certification. Il faut également savoir que tout demandeur reçoit un “Application package“ contenant toutes les informations utiles pour le processus de candidature.

    Le but de ce formulaire de candidature est  :

  • D’établir si un demandeur se trouve dans le cadre du système de certification.
  • De fournir au demandeur l’information suffisante afin qu’il soit correctement préparé à la suite du processus ;
  • D’informer le demandeur de toutes les règles (Standards et règles de certification) qui s’applique à son cas
  • De créer une bonne communication entre le demandeur et la personne pertinente de l’équipe de certification.
  • Si cette première phase est correctement remplie, commence alors la phase d’évaluation. L’évaluation peut se faire de deux manières différentes. Tout d’abord via les contrôles physiques au minimum tous les 18 mois et l'enregistrement des déclarations trimestrielles. Deuxièmement, via les contrôles des flux : vérification que les quantités vendues sont bien égales aux quantités achetées, que la prime a bien été versée, ...

    La certification initiale se réfère à la première évaluation de l’opérateur par rapport aux standards pertinents pour lui.

    Peu importe la méthode d’évaluation employée, toutes les certifications initiales finissent par une décision quant à la certification. Quand une sérieuse non conformité est détectée, l’opérateur reçoit des « pré-conditions ». Cela signifie que l’opérateur n’est pas certifié tant que la non-conformité n’est pas réglée.

    Le renouvellement de la certification 

    Le renouvellement de la certification se réfère à l’évaluation de la conformité de l’opérateur par rapport aux standards. Les cycles de renouvellement varient entre 1 et 3 ans. Dans certains cas, lorsque l’organisation a prouvé un respect des normes du commerce équitable sur plusieurs années, elle peut se qualifier pour un cycle d’inspection tous les 3 ans.

    Si une sérieuse non-conformité est détectée (durant une inspection physique ou durant le contrôle des flux) des actions correctives sont demandées. Ces actions correctives indiquent la nature exacte de la non-conformité et spécifient un délai durant lequel les actions doivent être prises.

    FLO-Cert a reçu l'agrément ISO 65. Cette norme-guide, internationalement reconnue, atteste notamment l’indépendance, la transparence et l’égalité de traitement des procédures de FLO-Cert. C’est la première fois qu’une telle normalisation s’applique à des critères de développement socio-économique.

     

    Un coût de certification parfois excessif

    Le coût de la certification Fairtrade par FLO dépend de la durée de l’inspection. Une inspection peut durer de 4 jours pour les plus petites organisations à 6/7 semaines pour les plus grandes. La durée de l’inspection dépend de la taille de l’organisation, de sa complexité et du nombre de produits qu’elle désire certifier. Les coûts de la certification sont parfois trop élevés, surtout pour les producteurs marginalisés africains. Un exemple. En 2006, l’Union des groupements de productrices de produits du karité des provinces de la  Sissili et du Ziro au Burkina Faso est certifiée par FLO. « La différence entre le prix habituel et celui versé par les acteurs du commerce équitable est de taille : 1 200 francs CFA le kilo (1,80 euros), contre 500 francs CFA. Cette labellisation a coûté en revanche 4 500 euros et le renouvellement du label coût 2 500 euros chaque année. Des montants élevés pour les acteurs burkinabés. Une partie de cette somme a été payée par Alter Eco[2], qui a fait une avance sur les commandes à venir et une autre par le fonds de garantie de FLO, la Fairtrade Labelling Organization. C’est cher estime Tristan Lecomte, dirigeant d’Alter Eco, car chaque coopérative doit payer sa labellisation et les distributeurs paient en plus des royalties sur les produits certifiés. Cette redevance devrait baisser. Alter Eco a d’ailleurs entamé les discussions avec Max Havelaar à ce sujet ». [3]

     

    Développement du réseau africain des membres de FLO

    Le réseau africain des membres de FLO à élaboré n plan stratégique quinquennal à partir duquel un programme de développement du commerce équitable en Afrique sera établi. Ce plan a été conçu par Comic Relief Project (CR), organisme anglais.

    CR a décidé de fournir une aide de 4,9 millions de livres sterling sur 5 ans. 1, 2 millions seront injectés dans des programmes du réseau africain des membres de FLO. Le reste de l’argent ira à des projets organisés par d’autres partenaires de CR, comme FLO, et qui ont joué un rôle important dans la mise en place du plan.

    L’argent du CR servira principalement à consolider le réseau africain des membres de FLO et ses sous-divisions régionales, à apporter des formations, à créer des opportunités et à mieux gérer la qualité, l’assistance technique et l’accès au marché.[4]



    [1] FLO, rapport annuel 2007.

    [2] www.altereco.com

    [3] Anne Dhoquois, Karité business, Alternatives économiques n°260 juillet-août 2007.

    [4] DailyNews online, 11 août 2008.

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