Le commerce équitable est issu de mouvements de citoyens attachés aux principes de l'autogestion et solidaires envers les populations du tiers monde. Les Américains sont les premiers, avec Ten Thousand Villages et SERRV, à se lancer dans le commerce équitable dès la fin des années 1940. L'Europe fait ses premiers pas à la fin des années 1950. Créée en 1959 aux Pays-Bas, l’organisation SOS (aujourd'hui Fair Trade Original) vend des produits en provenance des pays en voie de développement, via des églises et des réseaux tiers-mondistes. En 1964, lors de la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED), des représentants des pays du Sud prônent une nouvelle conception de l'aide au développement. Il s'agit de remplacer les aides financières ponctuelles par de réelles politiques commerciales permettant un accès avantageux pour les pays du Sud aux marchés des pays du Nord : " Trade, not aid ", devient le mot d’ordre du commerce équitable. En avril 1969 s’ouvre à Breukelen le premier "Magasin du monde". L'objectif est de vendre des produits artisanaux du Tiers Monde provenant directement des producteurs (des artisans). Un mouvement européen de commerce équitable se développe presque simultanément, et deux ans plus tard quelques 120 magasins vendent des produits du tiers monde. En Belgique, le premier magasin du monde voit le jour à Anvers en 1971. L’étape de la labellisation
En 1986, des paysans du Chiapas, au Mexique, déjà en contact avec une ONG hollandaise, Solidaridad, expriment un souhait précis : ils préfèrent être soutenus pour la vente de leur café plutôt que par des dons. La solution imaginée par l’ONG sera la labellisation de leur production, qui annonce une toute nouvellle approche et l’essor du commerce équitable. En 1988, aux Pays-Bas, le logo Max Havelaar est apposé sur l’emballage des paquets renfermant leur café, torréfié par des sociétés du commerce ‘classique’. Celles-ci ont décidé de respecter les règles d’échange définies par Max Havelaar. Le logo indique au consommateur que les principes du commerce équitable ont été adoptés par la marque vendue sous ce label. Grâce à ce système, ces produits entrent pour la première fois dans la grande distribution et sortent de la confidentialité. En quelques mois, les ventes de café équitable atteignent aux Pays Bas 2% des ventes totales de café. D'autres pays s'engagent dans cette voie : soit en utilisant le label Max Havelaar, soit en créant leur propre label, Transfair et Fairtrade. Parallèlement, de nouveaux produits alimentaires (thé, sucre, cacao et chocolat, miel et bananes) bénéficient des labels du commerce équitable. Les années ’90 ou la dimension européenne et internationale
Bien que le commerce équitable renvoie à des réalités propres à chaque pays, le partage d'une conception identique du développement et de l'économie mondiale facilite la réalisation d'actions communes. En 1989, l'IFAT, l’organisation internationale du commerce équitable voit le jour. Certains importateurs européens se regroupent, eux, en 1990, au sein de l'EFTA (European Fair Trade Association). En 1994, 15 réseaux de magasins du monde lancent NEWS! (Network of European World Shops). En 1997, c’est au tour des organisations de labellisation « équitable » de regrouper leurs forces, par la création de FLO (Fairtrade Labelling Organisations International). La référence au développement durable
De nos jours, le commerce équitable s’inscrit dans le développement durable. Il ne s’oppose pas à la mondialisation de l’économie (ce qui serait difficile puisqu’il est lui-même une forme de commerce international), mais plutôt une autre mondialisation, qui prend en compte la croissance économique mais aussi le progrès social et le respect de l’environnement. La 3ème vague, évolution du commerce équitable
Après des ONGs comme Oxfam, après le label Max Havelaar qui permet aux grandes marques de développer des produits équitables « en marge » de leurs produits habituels, on remarque aujourd’hui, une troisième évolution dans le secteur : de plus en plus de jeunes ou moins jeunes entrepreneurs lancent une activité commerciale à 100% orientée vers la vente de produits équitables. 18 nouveaux projets ont ainsi été présentés en 2007, dans le cadre du concours « Be Fair ». La preuve que ce type de commerce arrive à maturité. Le développement des "Private labels" (marques de distributeurs)
De grandes enseignes développent leur propre gamme de commerce équitable. Deux exemples : Carrefour distribue des produits équitables sous sa propre marque Solidair et Lidl via Fairglobe. |