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Commerce Equitable et environnement, un couple tendu ?


Commerce équitable…

Le commerce, l’acquisition des biens ou services en échange de monnaie, existe depuis que l’homme est homme.  Le commerce équitable* ajoute une dimension à cet échange. Il se fonde sur l’idée que ‘quiconque travaille a droit à une rémunération équitable lui assurant, ainsi qu’à sa famille, une existence conforme à la dignité humaine’ (art. 23 de la Déclaration universelle des droits de l’homme).

L ’organisation en coopératives1, le partenariat nord-sud et des perspectives de contrats à long terme sont aussi des caractéristiques du commerce équitable. Ce type de relations économiques implique donc un prix permettant de couvrir, outre les coûts de la production, un niveau de vie décent pour le travailleur ainsi qu’une marge pour des investissements en biens collectifs et une épargne personnelle. Par ailleurs, la gestion du travail en coopératives doit être démocratique. Enfin, les conventions de base de l’OIT (l’organisation international du travail), (dont la liberté d’association), doivent être d’application tout au long de la chaîne de production du produit équitable.

Aussi, le commerce équitable est bien plus qu’un échange matériel. Sa raison d’être dépasse la volonté d’enrichissement. Il vise, à travers une solidarité le plus souvent intercontinentale à créer des conditions de bien-être pour les travailleurs les plus démunis de la planète.


... et environnement

Avec l’exploitation massive des ressources minières et forestières, avec l’augmentation des niveaux de vie et l’accès à de plus en plus de biens et services de consommations pour une partie de l’humanité (de plus en plus nombreuse), la pression de l’espèce humaine sur l’environnement naturel est devenue insoutenable. L’ère industrielle a engendré une destruction sans commune mesure dans l’histoire de l’humanité. Et aujourd’hui, au début du XXIe siècle, la situation est catastrophique. Elle touche directement les principaux acteurs du commerce équitable : les petits agriculteurs du Sud.

Conséquence parmi d’autres : des études évoquent 25 millions de réfugiés climatiques d’ici à 2010 tandis que d’autres avancent le chiffre de…700 millions d’ici 2050. Choisissant la voie médiane, l’IOM (Intertational Organization for Migration) estime à 200 millions le nombre de personnes qui migreront pour des raisons climatiques d’ici 20502.

Commerce équitable et protection de l’environnement se rejoignent donc dans un même souci : améliorer (ou préserver) les conditions de vie des populations au Sud du globe. Pourtant, ces alliés objectifs d’un développement durable* au Nord comme au Sud sont souvent présentés comme mus par des logiques antinomiques. En cause, la pollution engendrée par le commerce équitable.

Réponse en trois tensions.


1 La majorité des petits producteurs du commerce équitable travaille en coopératives. Cependant, d’importantes plantations produisent également des aliments équitables. Les ouvriers des plantations sont alors organisés en comité paritaire.
2 “In Search of Shelter - Mapping the Effects of Climate Change on Human Migration and Displacement”, mai 2009, (http://www.ciesin.columbia.edu/documents/clim-migr-report-june09_media.pdf
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